Ministère chilien de la santé
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Le Chili est désormais le premier pays d’Amérique du Sud où l’élimination de la rage transmise par les chiens en tant que problème de santé publique est validée

14 septembre 2026
Communiqué de presse
Santiago/Washington/Genève
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Le Chili est désormais le premier pays d’Amérique du Sud où l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a validé l’élimination de la rage transmise par les chiens en tant que problème de santé publique. Cette validation atteste l’absence de cas humains de rage depuis plus de 50 ans et confirme que le pays est en mesure d’empêcher la réapparition de la transmission.

« Je félicite le Gouvernement et le peuple chiliens pour ce succès historique », a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS. « Cette validation est le fruit de décennies d’engagement à protéger les communautés contre la rage et démontre l’impact d’un investissement durable en faveur de la santé publique. Le succès du Chili permet aux pays qui tentent de mettre fin aux décès humains dus à cette maladie évitable de tirer des enseignements précieux », a-t-il ajouté.

Cette validation est le fruit de plus de cinq décennies d’efforts nationaux soutenus pour interrompre la transmission de la rage par les chiens et pérenniser cette réalisation grâce à la vaccination des chiens, à la surveillance et à un accès rapide à la prophylaxie post-exposition.

« Le succès du Chili témoigne de ce qu’une coopération régionale durable permet d’accomplir lorsque les pays investissent en faveur de la vaccination, de la surveillance et de l’accès aux soins », a déclaré le Dr Jarbas Barbosa, Directeur régional de l’OMS pour les Amériques et Directeur de l’Organisation panaméricaine de la Santé (OPS). « Il montre que l’élimination de la rage transmise par les chiens est non seulement possible, mais réalisable et durable lorsque les pays mènent une action multisectorielle et mettent en place durablement les systèmes nécessaires pour protéger les personnes et les animaux », a-t-il ajouté.

Plus de cinq décennies de prévention et de surveillance

La rage est une maladie virale qui est presque toujours mortelle dès l’apparition des symptômes cliniques. Pourtant, la rage humaine transmise par les chiens peut être évitée grâce à la vaccination, à une surveillance efficace et à un accès rapide à la prophylaxie post-exposition.

Le dernier cas de rage humaine transmise par des chiens au Chili a été signalé en 1972. Ce succès est l’aboutissement d’efforts nationaux durables pour lutter contre la maladie grâce à la fourniture rapide du vaccin aux personnes potentiellement exposées au virus de la rage, généralement à la suite de morsures, de griffures ou d’un contact avec la salive de chiens enragés ou suspectés de l’être.

Ces efforts ont été complétés par des campagnes de vaccination des chiens en porte-à-porte, par des mesures ciblées de gestion de la population canine et par des initiatives de sensibilisation et d’éducation communautaires.

Depuis, le Chili maintient son Programme national de lutte contre la rage, qui prévoit des campagnes de vaccination de masse gratuites des chiens et des chats, une surveillance épidémiologique, un renforcement des capacités de diagnostic en laboratoire, la surveillance de la circulation du virus de la rage chez les animaux, ainsi qu’un accès rapide à la prophylaxie post-exposition.

Plus récemment, le Chili a renforcé les capacités d’évaluation des risques, élargi la surveillance communautaire et mis en place des activités de vaccination préventive dans les zones frontalières où le risque de réintroduction de la rage est considéré comme élevé.

« Nous sommes fiers de cette validation. Elle récompense de nombreuses années d’efforts, déployés par le Chili dans le cadre de politiques publiques visant à éradiquer la rage, y compris la vaccination des animaux de compagnie et la prophylaxie post-exposition pour les personnes à risque », a déclaré la Ministre chilienne de la santé, la Dre May Chomalí. « Mais ce succès n’aurait pas été possible sans les efforts conjoints des municipalités, de leurs équipes de lutte contre les zoonoses et des communautés. Sans les communautés, sans les municipalités et sans les politiques publiques, il aurait été impossible d’obtenir cette certification », a-t-elle ajouté.

Un processus de validation rigoureux

Pour obtenir la validation par l’OMS, le Chili a dû démontrer non seulement l’absence prolongée de cas de rage humaine transmise par les chiens, mais aussi le maintien de systèmes robustes de surveillance, de laboratoires, de vaccination et de riposte permettant d’empêcher la réapparition de la maladie.

Le Chili a présenté un dossier technique attestant la conformité aux critères de validation de l’OMS. Ce dossier a été examiné par un groupe international indépendant d’experts créé par le Centre panaméricain de la fièvre aphteuse et de la santé publique vétérinaire (PANAFTOSA), l’OPS et OMS, qui a confirmé que le pays avait satisfait aux exigences établies au niveau international.

Un succès régional dont il est possible de tirer des enseignements mondiaux

La validation de l’élimination de la rage au Chili est l’aboutissement de plusieurs décennies d’actions coordonnées à l’échelle des Amériques, qui ont fait de la Région un pionnier mondial de l’élimination de la rage transmise par les chiens. Depuis 1983, le nombre de cas humains de rage transmise par les chiens dans la Région a diminué de plus de 98 %, quelques cas seulement étant signalés chaque année.

Ce succès du Chili contribue également à la réalisation de l’objectif régional plus large d’éliminer la rage humaine transmise par les chiens dans le cadre de l’Initiative de l’OPS pour l’élimination des maladies, dont l’objectif est d’éliminer plus de 30 maladies et affections transmissibles dans les Amériques d’ici à 2030.

Les progrès réalisés dans les Amériques contrastent avec la situation mondiale. La rage transmise par les chiens provoque encore des dizaines de milliers de décès chaque année, principalement en Asie et en Afrique. Le succès du Chili montre qu’un investissement durable en faveur de la prévention, de la surveillance et de l’accès aux soins permet d’éliminer cette maladie mortelle mais évitable.

Il montre également l’intérêt de l’approche « Une seule santé », dans le cadre de laquelle les secteurs de la santé humaine, de la santé animale et de la salubrité de l’environnement collaborent pour prévenir et combattre les maladies transmissibles de l’animal à l’être humain.

Notes aux rédactions

Validation par l’OMS de l’élimination de la rage transmise par les chiens

La validation par l’OMS signifie qu’un pays a éliminé la rage transmise par les chiens après l’interruption de la transmission de la rage parmi les chiens, et qu’il n’y a donc plus de décès humains dus à la maladie pendant au moins deux ans, et qu’il a prouvé qu’il était en mesure d’empêcher la réapparition de la transmission.

Les pays doivent fournir des données techniques rigoureuses montrant une interruption durable, en s’appuyant sur une surveillance solide, sur le diagnostic en laboratoire, sur la vaccination des chiens, sur l’accès rapide à la prophylaxie post-exposition et sur la préparation à une réintroduction potentielle.

La validation repose sur une évaluation indépendante du dossier du pays selon des critères techniques internationalement acceptés et reflète un engagement soutenu en faveur de la santé publique, de la collaboration intersectorielle et l’approche « Une seule santé ».

À propos de la rage et des maladies tropicales négligées

La rage est une maladie zoonotique à prévention vaccinale, presque toujours mortelle dès l’apparition des symptômes, mais le décès peut être évité grâce à une prophylaxie post-exposition rapide, incluant les soins des plaies, la vaccination et, lorsque cela est indiqué, l’administration d’immunoglobuline antirabique. Dans ce communiqué de presse, l’expression « rage transmise par les chiens » fait référence aux cas de rage humaine consécutifs à la morsure ou à la griffure par un chien infecté, qui représentent jusqu’à 99 % des cas de transmission de la rage à l’être humain dans le monde.

La sensibilisation des enfants et des adultes aux comportements des chiens, à la prévention des morsures, aux mesures à prendre en cas de morsure ou de griffure par un animal potentiellement enragé et à la possession responsable d’animaux de compagnie est un élément essentiel de programmes efficaces de lutte contre la rage.

La rage est l’une des 21 maladies tropicales négligées (MTN), qui touchent un milliard de personnes dans le monde. En septembre 2026, 65 pays, dont sept dans les Amériques, avaient éliminé au moins une MTN. Après cette validation, la rage est la deuxième MTN éliminée au Chili. Cette année, l’OMS a également vérifié l’élimination de la lèpre au Chili, qui devient ainsi le premier pays des Amériques à atteindre cet objectif.

À propos de l’OMS

Consacrée au bien-être de toutes et de tous et guidée par la science, l’OMS est la cheffe de file et le porte-drapeau des efforts mondiaux visant à donner à chaque personne, où qu’elle se trouve, la chance de mener une vie sûre et en bonne santé. Elle est l’institution du système des Nations Unies chargée de la santé et forme le trait d’union entre les pays, les partenaires et les personnes dans plus de 150 endroits pour diriger la riposte mondiale aux urgences sanitaires, prévenir les maladies, s’attaquer aux causes profondes des problèmes de santé et élargir l’accès aux médicaments et aux soins de santé. Elle a pour mission d’aider tous les pays à promouvoir, garantir et protéger la santé. « Unissons-nous pour la santé. Soutenons la science », le thème de la Journée mondiale de la santé 2026, marque le coup d’envoi d’une campagne d’un an visant à mettre en avant la science comme fondement de la protection de la santé et du bien-être dans le monde.

Contacts pour les médias 

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